Les coccidies et les clostridies sont deux agents pathogènes distincts. Les premières sont des parasites unicellulaires, responsables de l’une des principales parasitoses intestinales des volailles. Les clostridies (Clostridium perfringens) font, quant à elles, partie des bactéries. Elles occasionnent également une infection intestinale, accompagnée d’une destruction de la muqueuse intestinale, ayant des conséquences pathologiques et entraînant des pertes économiques. Dans ce duo pathogène, les coccidies ouvrent la voie aux bactéries.
Aspects cliniques
La coccidiose de la poule est typiquement une maladie juvénile. On vaccine à cet effet les poussins dès les premiers jours de leur vie. Si le poulailler a été préalablement nettoyé et désinfecté, la pression infectieuse est faible à l’arrivée dans la halle de ponte. C’est avec le deuxième et le troisième cycle de reproduction des parasites que croît le risque de maladie avec manifestation clinique, car la pression infectieuse augmente avec la multiplication massive des parasites. La coccidiose aiguë se développe généralement pendant cette phase (qui s’étend d’environ trois à six semaines après l’installation) en cas de protection vaccinale insuffisante ou de pression infectieuse (trop) élevée, ou encore, lorsque les poulettes sont sensibles aux maladies. Elle se caractérise par les symptômes suivants : stagnation voire diminution de la performance de ponte, recul de l’ingestion de nourriture, prise de poids insatisfaisante et diarrhée aqueuse à sanguinolente, plumage hérissé, pattes et crêtes pâles. La lésion des cellules intestinales favorise la vulnérabilité aux clostridies, car les bactéries y trouvent des conditions optimales. Il en résulte une « diarrhée noire » (entérite nécrotique) accompagnée d’une chute de poids ainsi que d’une augmentation des pertes.
Une alimentation riche en nutriments joue un rôle important lors de la phase de démarrage.
Surveillance parasitaire
L’examen régulier d’échantillons de fèces, depuis l’installation jusqu’au pic de ponte, permet de surveiller l’excrétion des oocystes (enveloppe des œufs de coccidies). Dès que le nombre de ceux-ci dépasse une valeur limite et que le troupeau présente des symptômes caractéristiques, des mesures peuvent être prises de manière précoce afin de réduire la pression infectieuse croissante dans l’exploitation, de préserver la santé intestinale et surtout, de prévenir une éventuelle infection clostridienne.
Dans la phase initiale qui suit l’installation des pondeuses et qui va jusqu’au pic de ponte, les poulettes ont besoin de toute leur énergie pour augmenter leur performance de ponte. La digestion d’aliments riches en nutriments joue un rôle à cet égard essentiel. L’apparition de maladies durant cette phase importante s’accompagne donc de pertes d’animaux et de pertes économiques. En conclusion, une surveillance et un contrôle ciblés des parasites pendant la phase de démarrage permet de contrôler la pression des agents pathogènes dans le poulailler.