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Production végétale

Récolte 2024 faible, l’espoir renaît pour l’année 2025

La récolte 2024 restera dans les mémoires : pour les oléagineux, elle a été positive – contre toute attente – malgré des conditions météo défavorables ; en revanche, pour les céréales panifiables, une baisse est enregistrée (env. –30 % par rapport à l’année précédente).

Les bases de la récolte 2025 sont posées, reste à voir comment le printemps influencera la suite.

Les bases de la récolte 2025 sont posées, reste à voir comment le printemps influencera la suite.

(Agrarfoto)

Publié le

Co-directrice du secteur céréales, oléagineux / Membre de la direction élargie

Co-directeur du secteur céréales, oléagineux / Membre de la direction élargie

En bref

– La récolte indigène de céréales panifiables a chuté de 122 000 t et ne suffira pas jusqu’à la récolte 2025.

– Le Conseil fédéral a augmenté de 80 000 t le contingent d’importation n° 27 (céréales panifiables) pour la campagne 2024 / 2025.

– Le blé panifiable de la dernière récolte présente des teneurs en protéines et des temps de chute probants.

Après une récolte 2023 de qualité mitigée, tous les espoirs étaient tournés vers une récolte indigène de céréales panifiables d’excellente qualité en 2024. Or, si ces dernières présentaient des teneurs en protéines et des temps de chute probants, les conditions météo défavorables du printemps ont notablement péjoré le rendement et la qualité des grains. En effet, avec le temps humide et peu ensoleillé, les épis n’ont pas pu se former complètement, ce qui, pour une part considérable de la récolte, s’est traduit par un poids à l’hectolitre inférieur à la moyenne ; de plus, l’humidité pendant la floraison des céréales a favorisé les attaques de fusariose et donc la formation de mycotoxines. Ces deux paramètres de qualité ont ainsi entraîné des déclassements dans le secteur fourrager, ce qui a pesé sur le volume indigène de céréales panifiables.

Malgré des stocks encore importants, l’approvisionnement reste insuffisant jusqu’à la récolte 2025.

Un approvisionnement en céréales panifiables qui reste une gageure

Selon Swiss granum, la récolte indigène s’est élevée à 250 000 t de céréales panifiables en 2024, soit 122 000 t de moins que l’année précédente. Bien que les stocks restent importants, des importations complémentaires seront requises jusqu’à la récolte 2025. Avec une récolte de 24 473 t, les céréales panifiables bio accusent également un recul, de près de 10 000 t par rapport à l’année précédente.

La baisse exceptionnelle du poids minimum à l’hectolitre de 77 kg / hl à 73 kg / hl dans le système Maxi ainsi que la vente de céréales panifiables Suisse Garantie provenant de stocks stratégiques ont contribué à réduire le déficit de matières premières indigènes. Le déficit d’approvisionnement restant a conduit le Conseil fédéral à approuver les demandes communautaires de la branche concernant le statut préférentiel et l’augmentation du contingent tarifaire n° 27, à savoir 20 000 t pour 2024 et 60 000 t pour 2025. Ces contingents supplémentaires garantissent l’approvisionnement des moulins suisses jusqu’à la prochaine récolte de céréales panifiables.

L’augmentation des prix indicatifs de 1 fr. 50 / 100 kg pour les trois classes principales a contribué à l’amélioration des prix finaux pour la campagne en cours – une avancée significative dans une année marquée par des pertes de rendement. Ce résultat est le fruit d’une collaboration étroite entre tous les acteurs de la chaîne de valeur.

Record mondial pour les céréales panifiables

En Europe, la production de blé a baissé à 120,3 millions de tonnes, inférieure de 3,4 % à la moyenne quinquennale. Les causes des mauvaises récoltes observées dans les pays voisins tels que la France et l’Allemagne sont les mêmes que celles identifiées en Suisse. A l’inverse de la situation qui prédomine en Europe, au niveau mondial, la récolte de blé pour la campagne 2024 / 25 a atteint le niveau record de 798,2 millions de tonnes. D’après le ministère fédéral allemand de l’alimentation et de l’agriculture, malgré cette récolte mondiale élevée, la consommation excède la production, entraînant une chute des stocks de blé à leur plus bas niveau en dix ans et, par conséquent, une stabilisation des prix internationaux.

La demande en oléagineux reste élevée

Les prix finaux des oléagineux de la récolte 2024 vont renouer avec la tendance positive des prix de la récolte 2023. Avec environ 74 500 t, la récolte nationale de colza a été inférieure au niveau de l’année précédente. Compte tenu d’un volume sous contrat de 106 000 t, la production indigène ne peut couvrir la demande qu’à hauteur d’environ 70 %. Cette situation tient principalement à l’hiver doux, qui a entraîné une pression accrue des ravageurs, et une période très humide au cours du printemps 2024.

S’agissant du tournesol, les attributions de la Fédération suisse des producteurs de céréales (FSPC) ont permis d’atteindre le volume sous contrat de 20 000 t. Les quantités récoltées publiées par Swiss granum ont atteint environ 18 938 t, donnant un signal très positif. Il en va de même pour la récolte de soja. Ce résultat est remarquable, car les récoltes se sont faites dans des conditions météo humides persistantes en automne. La demande, et par conséquent le potentiel de production, restent élevés pour tous les oléagineux.

Quant aux tourteaux de colza et de tournesol, leur commercialisation a été compliquée par la pression constante sur les prix liée aux composants protéiques importés et par une protection douanière parfois insuffisante. Malgré ces contraintes, l’incidence sur les prix finaux des oléagineux reste neutre par rapport à 2023.

Céréales fourragères en baisse

La poursuite du recul des surfaces d’orge et de blé ainsi que les conditions météo difficiles dans la production de céréales fourragères ont fait baisser les quantités récoltées en 2024. Selon Swiss granum, le volume est de tout juste 355 000 t pour les céréales fourragères en 2024 (environ -10 % par rapport à 2023). « Pour cette récolte aussi, les prix dans le système Maxi sont guidés par les prix-seuils et la gestion de la protection douanière », explique Basil Rüttimann, responsable du secteur commercial Aliments fourragers (fenaco GOF). Les nombreuses qualités différentes (poids à l’hectolitre ou charge en mycotoxines) sont une difficulté additionnelle pour la commercialisation. Grâce à la collaboration orientée solutions entre les centres collecteurs, fenaco GOF et les client·es, ces produits ont pu être valorisés de manière optimale. S’agissant du blé fourrager, le volume a été « amélioré » par le déclassement de lots de blé panifiable de trop faible qualité. Ses coûts de commercialisation sont plus élevés en raison des nombreuses qualités différentes et de la période de stockage plus longue qui en résulte, ce qui n’est pas pris en compte par le prixseuil de base. Pour le maïs grain en particulier, le prix-seuil bas et la hausse trop tardive de la protection douanière ont un grand impact sur les prix finaux. 

Maxi-Event 2025

Lors de la séance d’information du 8 avril 2025 au Musée suisse des transports à Lucerne, fenaco GOF informera les centres collecteurs Maxi de la commercialisation de la campagne qui touche à sa fin ainsi que des futurs changements et difficultés à gérer (prix finaux disponibles à partir du 8 avril en scannant le code QR ci-contre).

Rendez-vous sur le site www.revueufa.ch à partir du 10 avril pour en savoir plus sur cette rencontre de la branche céréalière.

Agri Quiz sur le lait

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