Les virus sont la principale cause d’infections respiratoires chez les animaux. Chez les animaux de rente, le stress, par exemple dû à un changement d’étable, une forte densité animale, un nouveau spectre de germes ou un mauvais climat d’étable sont autant de facteurs qui favorisent les infections. En outre, en abîmant les muqueuses du système respiratoire, les virus ouvrent la voie à des infections bactériennes secondaires, qui peuvent alors entraîner des complications. La grippe des veaux est un exemple typique de maladie multifactorielle de ce type.
Les génisses et les veaux sont particulièrement sujets aux infections respiratoires, notamment à cause de l’anatomie et de la physiologie de leurs poumons. En effet, ceux-ci sont petits comparés à leur masse corporelle et ne terminent leur développement que tardivement. Outre la fièvre, la perte d’appétit et la dégradation de l’état général, la toux est un symptôme fréquent. Les plantes médicinales complètent efficacement les médicaments classiques : ralentissant en partie la multiplication des agents pathogènes, elles favorisent les réac tions immunitaires ainsi que les mécanismes d’auto-nettoyage des voies respiratoires ; enfin, elles ont un effet expectorant et antispasmodique.
Les plantes riches en huiles essentielles ou en saponines sont fréquemment utilisées pour soigner les maladies des voies respiratoires.
Plantes riches en saponines
Les plantes riches en saponines appartiennent à un groupe de plantes très hétérogène. Parmi elles figurent le lierre, la réglisse ou encore les primevères. Les saponines protègent les plantes contre les infections fongiques. Elles aident à expectorer le mucus en le fluidifiant et en activant les cils des poumons, qui permettent d’évacuer le mucus.
Lierre grimpant
Pour le lierre sont utilisées les feuilles séchées récoltées au printemps et en été. Cette plante peut être toxique à trop forte dose. Par ailleurs, son amertume et son effet irritant sur les muqueuses buccales empêchent les herbivores d’en ingérer de trop grandes quantités. En raison du risque lié à un mauvais dosage, le lierre ne doit être administré que sous forme de produit prêt à l’emploi. L’extrait de lierre est volontiers employé pour soulager les bronches en cas de maladies des voies respiratoires chez les êtres humains, les ruminants, les chevaux et les chiens.
Les préparations à base de saponines ne devraient pas être administrées sur une longue durée (2 - 3 semaines), car une utilisation prolongée peut provoquer des troubles gastriques dus à une irritation des muqueuses.
Plantes riches en huiles essentielles
Leur composition complexe confère aux huiles essentielles un large spectre d’action. Elles peuvent être inhalées, administrées par l’intermédiaire du fourrage ou de la buvée ou encore être appliquées sur la peau. Certaines huiles essentielles sont tellement puissantes qu’elles ne peuvent être utilisées qu’une fois diluées. Le cumin, la sauge et le thym sont des représentants typiques de cette catégorie de plantes.
Thym
Les vertus du thym pour soigner les maladies des voies respiratoires sont bien connues en naturopathie. A cet effet, des fleurs et des feuilles entières (que l’on retire de la tige) sont employées. Frais ou séché, le thym est utilisé sous forme d’infusion ou directement affouragé sous forme d’herbes. Les huiles essentielles sont extraites des fleurs au moyen de la distillation à la vapeur. En médecine vétérinaire, le thym (ou le thymol) sert à soigner les infections fongiques de la peau. Favorisant les sécrétions salivaires et gastriques, il redonne de l’appétit et aide à digérer. En apiculture, le thymol est utilisé pour lutter contre le varroa.
Infusion : mélanger 1 cc bombée de thym (frais ou séché) avec ¼ l d’eau bouillante, couvrir et laisser infuser 10 minutes (limite les pertes d’huiles essentielles). Distribuer cette infusion tiède plusieurs fois par jour (voir tableau des dosages). Si les herbivores reçoivent l’infusion avec les herbes, celle-ci doit cependant être filtrée pour les chiens. En cas de toux, on peut ajouter 1 cc de miel pour 150 ml.
Comme les plantes riches en huiles essentielles réagissent avec l’oxygène, leur durée de conservation est limitée. Il convient de les conserver dans de petits récipients bien hermétiques et les stocker au frais et à l’abri de la lumière.
Indication de dosage du thym | |
1 cc de thym haché (frais ou séché) correspond à environ 1,4 g | |
Espèce animale |
Dosage journalier de thym |
Chevaux / bovins |
25-50g |
Ovins / caprins |
5-10g |
Porcs |
2-5g |
Volaille |
0,2-0,5g |
Chiens |
1-5g |
Lapins, cochons d'inde |
0,3 g / kg poids corporel |
Source : Brendieck-Worm, Phytotherapie in der Tiermedizine (Phythothérapie en médecine vétérinaire) |